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Biographie de Sylvain Tesson
Ses voyages
1993-1994 : tour du monde, soit 25 000 km à vélo à travers 31 pays (récit On a roulé sur la Terre, Laffont, 1996)
1997 : traversée de l’Himalaya, soit 5 000 km à pied (récit La Marche dans le ciel, Laffont, 1998)
1999 : traversée de l’Asie centrale, soit 3 000 km à cheval (récit La Chevauchée des steppes, Laffont, 2001)
2003 : traversée de la Iakoutie au golfe du Bengale, soit 6 000 km à pied, à cheval et à vélo (récit L’Axe du loup, Laffont, 2007)
2006 : traversée de la mer Caspienne à la mer Méditerranée, soit 2 500 km à pied et à vélo (essai Éloge de l’énergie vagabonde, Éditions des équateurs, 2007)
Avril 2008 : départ pour les côtes de l’Atlantique Nord…
Interview de Sylvain Tesson
Cela fait maintenant quinze ans que Sylvain Tesson, doté d’une solide formation de géographe, voyage et écrit sur ses voyages. À pied, à cheval, à vélo, il a traversé à de multiples reprises l’Asie, de la Turquie à Pékin, de la Iakoutie au golfe du Bengale. Et il s’apprête à partir sur la route des Vikings norvégiens…
Pourquoi cette attirance sans cesse renouvelée pour l'Asie et le Proche-Orient, l'Asie centrale, la Haute-Asie, la Sibérie ?
La Haute-Asie n’est-elle pas au cœur du monde ? Là-bas dans les steppes centrales des peuples sont nés, ont migré vers l’Europe en poussant leurs troupeaux, ont domestiqué les chevaux, inventé un art nomade unique et un rapport au monde fondé sur la mesure du temps par l’arpentage de l’espace.
Lorsque je voyage dans ces parages, il me semble retrouver dans la réalité quelques signes de ce passé lointain. Il faut simplement savoir balayer la poussière. Je ne me souviens plus quel écrivain russe disait que pour étancher son désir d’action il fallait partir vers l’ouest mais que pour apaiser ses tourments spirituels, mieux valait cingler vers l’est.
Quelle est, selon vous, la différence essentielle entre un voyage entrepris seul ou en compagnie ? En quoi le mode de locomotion influence t-il le mode de perception d'un pays ?
Paradoxalement, voyager à deux c’est voyager à demi. Lorsqu’on voyage à deux, on ne se plonge qu’à moitié dans l’altérité. Voyager à deux, c’est ne pas couper l’amarre qui vous lie au port d’attache. C’est emporter avec soi une parcelle de l’endroit d’où vous venez. C’est vous autoriser, par le truchement de la conversation avec votre compagnon et par le biais de l’évocation des souvenirs communs, à vous extraire de ces lointains que vous avez voulu découvrir. En voyage, la solitude est la meilleure gueuse pour plonger profondément dans l’ailleurs et le meilleur filet pour capturer l’âme d’un peuple.
N’importe quel moyen de transport qui contraint à un déplacement lent me sied. De la marche à pied à la chaise à porteurs en passant par la chevauchée de montures diverses : tout me va du moment que la vitesse d’avancée me permet de remarquer le plus insignifiant buisson et de méditer sur le miracle de sa présence.
Une rencontre déterminante ? Une émotion intense ?
En 2003, alors que je traversais le Tibet du nord au sud, j’ai rencontré cinq moines mendiants qui franchissaient le plateau tibétain à pied pour se rendre à Lhassa. Je les ai accompagnés pendant quelques jours. Ils souriaient sans cesse, ils regardaient les nuages en claquant la langue, ils saluaient les yacks. J’ai vu là le bonheur fait homme.
On s’est quittés en sachant qu’on ne se reverrait pas mais qu’on ne s’oublierait jamais. Peu après les avoir laissés, j’ai rencontré un autre renonçant. Celui-là gagnait Lhassa en rampant et avançait de six à sept kilomètres par jour. Je me suis longtemps interrogé sur l’énergie intérieure qui animait ces êtres.
Voyager sans lire ou sans écrire aurait-il un sens pour vous ?
Non. L’aventure naît de la lecture. La lecture aiguise le regard. Le regard féconde l’écriture. L’écriture prolonge l’aventure. Je suis un fervent partisan de l’éternel retour.
Pour quel voyage partez-vous à présent ?
Je pars pour le nord de l’Europe. Comme je suis plus lourd que Nils Holgersson, aucun jars n’a voulu de moi sur son dos. C’est donc à pied et à la voile que je gagnerai l’Irlande, l’Écosse et l’Islande.
Je voudrais longer la côte celto-atlantique afin de mieux comprendre comment le paysage littoral – derrière son rideau de brume et d’embruns – féconde l’imaginaire de l’homme et permet à l’esprit de créer dans les formes du relief et les expressions de la nature tout un panthéon d’elfes, de fées et de petits êtres. En somme je voudrais étudier la manifestation du divin dans la partition du vivant.
Pour la route, auriez-vous une pensée à nous livrer de votre nouveau recueil "Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages" ?
Ma porte étroite, c'est l'appel du large.
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Dernière mise à jour : le 01/10/2008 à 19h27
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J'irai de l'Aral à la Caspienne. Je gagnerai l'Azerbaïdjan à bord d'un ferry. De Bakou, je cheminerai vers la Turquie par la Géorgie. Au bout de ma route, j'aurai relié trois mers...
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